Balades à Commanster

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Samedi 8 juillet 2006
Guide : Jim Lindsey

Ce samedi, la Trientale a fixé rendez-vous à ses adeptes dans ce petit village de l'est de l'Ardenne, peuplé comme dit Jean-Marc par quelque 70 irréductibles ! Il fait beau. Dans le calme du matin seulement troublé par le cri d'un dindon, nous prenons le chemin de la Réserve après l'exposé d'introduction de notre guide. Déjà son enthousiasme se répercute sur la vingtaine des participants.

Une pie-grièche écorcheur nous observe du haut d'un saule ; une jeune grive litorne encore maladroite hésite sur un piquet de clôture. Nous enjambons le ru du Glain et nous entrons dans la réserve : la "leçon" de nature peut commencer.

Des plantes : comaret (quelle couleur !), canneberge et airelle en fruits, linaigrettes vaginées et à feuilles étroites, narthécie, drosera, trèfle d'eau en fruits, les 3 prêles présentes sur le site (palustre, fluviatile et sylvaticum), Carex (rostrata, echinata), orchis tacheté (Dactylorhiza maculata)... La valériane officinale et la renouée bistorte tomberaient dans l'oubli.

Des champignons : bolet du bouleau, amanite fauve, Russula flava, Galerina paludosa (toxique !) qui parasite la sphaigne, Tephrocybe palustris. Des papillons : Nacré de la canneberge, Tristan, Myrtil et autres Hespéries... Des araignées : Dolomedes fimbriatus, Pisaura mirabilis, Araniella cucurbitina (araignée courge).

Nous traversons une boulaie ; le tapis de sphaigne en "panse de vache" ondule sous nos pas. Jim nous explique les dangers de la fagne et nous démontre la profondeur d'un trou d'eau (1 m 50) masqué par les hautes herbes et les lentilles d'eau. Il faut se faufiler sous les saules à oreillettes, suivre un sentier noir de boue tourbeuse puis zigzaguer entre les touradons. Nous enjambons une dernière fois le Glain tapissé de renoncules aquatiques ou pointe l'iris. Avant de retrouver le chemin du village, un tapis de fenouil des Alpes, la succise des prés, une station de corydale à vrilles et une autre de bétoine. Observons encore la pie-grièche écorcheur et le milan royal qui dessine ses arabesques au-dessus de nos têtes.

Après le pique-nique, un détour par une autre petite réserve : Jim et Guy nous en expliquent la genèse, le travail déjà réalisé et tout ce qui reste à faire pour rétablir le milieu naturel. Belle surprise la timide wahlenbergie (Wahlenbergia hederacea) en fleur.

En voiture, nous gagnons le Grand Bois pour découvrir la seule station de serpolet connue à Commanster, un tapis jaune de narthécies bien en fleurs, les trientales en graines, la bruyère quaternée abondante. De quoi fixer les découvertes de la matinée. Alexandre (un an et demi) qui a fait l'impasse sur la sieste trouve sa récompense dans les myrtilles.

Au bord de l'étang, nous révisons nos connaissances sur les zygoptères et les anisoptères qui survolent le plan d'eau par centaines : Agrion, Enallagma, Somatochlora, Calopterix, Pyrrhosoma... Guy déloge un triton, Ghislain déniche des larves de libellules. Les exuvies en deviennent banales.

Un coup d'oeil au retour sur un nid de buse abandonné la veille par ses deux jeunes occupants et Jim nous fait profiter de la dernière découverte du jour : la cervoise au château de Commanster où nous mettons un point final à une merveilleuse journée. Merci à notre guide de nous avoir permis d'accéder à des sites aussi riches et d'avoir, avec enthousiasme et simplicité, partagé ses connaissances dans les divers domaines des sciences de la nature.

Gabriel Ney


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